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Apprendre à photographier le nu et dialoguer avec l'auteur de "Les secrets de la photo de nu" aux éditions Eyrolles.

17 Jan

A propos de l'auteur et de ce blog

Publié par Philippe Bricart

Bonjour à tous !

Je me présente : Je m'appelle Philippe Bricart, je suis photographe, spécialisé dans le nu artistique et je dirige des stages individuels et de groupe depuis l'an 2000. Je viens de publier aux éditions Eyrolles "les secrets de la photo de nu" qui résume ce que j'enseigne à mes stagiaires et je profite de cette publication pour lancer ce blog qui l'accompagne et la complète.

Ce blog est pour tous ceux que la photo de nu artistique intéresse. Il ne reprend pas les bases de la technique de la photographie en général (vous les trouverez partout et aussi, spécifiquement adaptées à la photo de nu, dans le livre).

Je préférerais que vous vous reportiez au livre ou à d'autres sites pour les question les plus générales dans les commentaires du style "qu'est ce qu'une vitesse ou une focale". En revanche vous êtes les bienvenus pour des questions se rapportant au sujet comme " pourquoi avoir choisi cette vitesse ou cette focale pour cette image".

Mon livre est sorti le 19 février 2015.

J'ai commencé ce blog environ un mois avant la sortie du livre pour qu'il soit déjà un peu étoffé quand mes premiers lecteurs s'y reporteront, mais dores et déjà vous pouvez réagir, que vous envisagiez de lire le livre ou non!

Inversement vous pouvez vous servir aussi de ce blog pour me poser des questions sur ce que vous avez lu dans le livre. Allez dans les commentaires de n'importe quel article et posez votre question !

Avant de commencer quelques repères qui seront vite familiers aux lecteurs de mon livre :

"M." est employé sur le blog comme diminutif de "modèle".

Chaque photo est accompagnée de ses paramètres d'exposition (sensibilité/ISO, vitesse et ouverture, la focale et le type de boitier utilisé (APS ou full frame/plein format), le type de lumière et, en plus, une appréciation du niveau de difficulté de réalisation de l'image qui va de N1 (niveau 1) à N5.

N1 représente le plus facile, le type d'images quasiment impossibles à rater :

-Elles pourront être faites avec la plupart des M.

-Elles demandent un minimum d'installation, mais ceci est valable pour la plupart de mes images.

-Elles seront souvent prises en extérieur, avec une lumière assez douce sans risque de contrastes trop marqués ou de contre jour.

- En intérieur elles supporteront des approximations de placements de la source lumineuse et du réflecteur; il sera juste nécessaire de suivre grosso modo mes instructions.

-La composition sera toute simple et supportera des variantes nombreuses toutes valables.

- Elles seront faciles à développer; Lightroom en donnera des versions satisfaisantes avec les paramètres par défaut, on obtiendra aussi un bon noir et blanc par la fonction automatique du logiciel.

N5, à l'autre bout de l'échelle, représente ce que j'estime le plus difficile pour mes stagiaires aussi bien que pour moi même, le type d'images que je ne suis pas sûr de réussir à tous les coups ou plutôt, pour être plus franc, le type d'images que d'expérience j'ai pu auparavant rater ou qui m'a demandé beaucoup d'efforts.

Si vous êtes débutants en photo de nu artistique mais que vous connaissez déjà les bases de la photo en général, n'hésitez pas à vous aventurer jusqu'au niveau N4.

Je conseille aux tout débutants en photo tout court, en bref ceux qui ont encore des difficultés à utiliser le mode manuel, à se concentrer à leur début sur les type d'images ne dépassant pas le niveau N3.

Mes estimations s’appuient sur mon expérience, seul ou avec des stagiaires, mais le lecteur pourra avoir plus de facilités que moi ou mes stagiaires à réaliser tel ou tel type d'image.

Je tâcherai de souligner les diverses difficultés dans mes explications.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet !

le château

Toutes les images du château ont été réalisées au Canon 5D mark II monté avec le Canon 24/105 mm.

Pour ouvrir ce blog, faisons le avec un thème qui fait rêver !

Je loue parfois un château près de Budapest pour des stages de groupe. Le genre d'endroit où on est peut être préalablement allé dans d'autres circonstances qu'une prise de vues et où l'on s'est dit: "Et si je venais ici avec un M.?"

Bien entendu si on obtient l'autorisation des ayants droits, (il faut toujours spécifier que l'on va shooter du nu pour pouvoir se servir des images ensuite), on loue et on en dispose à son aise pour un temps donné. C'est évidemment ce que je ne saurais trop vous conseiller.
Mais parfois, ce cas de figure est impossible: L'endroit couterait trop cher, vous n'obtiendriez pas l'autorisation… Et pourtant… Est ce que vous ne pourriez pas faire là quelques images rapidement, à la dérobée? Dans certaines circonstances et en prenant des précautions que j'expose ci dessous, c'est parfois possible mais ayez bien conscience que vous devrez assumer la responsabilité de ce que vous ferez.

Les différents types de prises de vues


Il faut également distinguer pour les prises de vue deux situations complètement différentes, à savoir:
La prise de vues à l'intérieur des bâtiments.
La prise de vues à l'extérieur des bâtiments.
Ces deux situations peuvent se compléter par deux autres auxquelles on songe moins spontanément:
La prise de vues à partir de l'intérieur du bâtiment d'un M. situé à l'extérieur du bâtiment. Ce cas de figure ne sera pas traité ici car je n'y ai tout bonnement pas songé le jour de la prise de vues, du fait que les jardins entourant le château ne présentent pas un grand intérêt. Mais si vous avez la chance d'avoir de magnifiques jardins quelque soit le type de ces derniers, une composition montrant par exemple une baie vitrée ou une simple fenêtre à travers laquelle on shoote le M. dans le jardin, pensons là à une lumière descendante ou même crépusculaire pourrait donner de magnifiques résultats.
La prise de vues à partir de l'extérieur du bâtiment d'un M. situé à l'intérieur du bâtiment.
Je donnerai un exemple de ce cas particulier.
A l'intérieur vous aurez encore deux types types de situations fondamentalement différentes ( je parle toujours ici de prises de vues sans ajout de lumière artificielle).
Le château avec un toit.
Les ruines sans t
oit.
Sans toit, c'est une lumière verticale, en puits, assurée, alors que avec un toit on n'a pratiquement que des lumières latérales (sauf dans les escaliers).

Je suis un peu sceptique sur les prises de vues dans les ruines "banales" dans lesquelles il ne reste plus que des pans de murs entre lesquels courent des herbes folles, un plus sera toujours des pierres très foncées, tirant vers le noir, et ceci quelle que soit la couleur de la peau du M.

Le château en question n'est pas à l'abandon: Il est maintenu en l'état pour des tournages de films, des prises de vue photographiques et des "événements" de relations publiques. De loin on pourrait croire qu'il est habité ou qu'il sert de musée, les murs extérieurs sont en bon état, le toit est entretenu, il y a des vitres aux fenêtres; ce n'est qu'à l'intérieur qu'on remarque qu'il est vide de tout mobilier, que les murs sont simplement protégés de l'humidité mais pas recrépis, que dans certaines parties la poussière recouvre le sol et que les araignées ont tendu leurs toiles dans les coins.
Un tel lieu est très propice à la photographie.

Les différents types de lumière

Vous y trouverez quatre types principaux de lumières à l'intérieur:
-Des lumières latérales très contrastées dans des grandes pièces sombres impropres à la photographie de nus sans flash (j'entends par là des lieux où la lumière n'est pas suffisante pour photographier un modèle au 1/15s au stabilisateur et bien calé contre un mur à 800 ISO et moins) sauf à l'endroit des fenêtres.
-Des lumières latérales moyennement contrastées, par exemple des couloirs aux murs clairs bordés d'une rangée de fenêtres,
-Des lumières latérales multiples permettant de sculpter la lumière autour du corps.
-Des lumières zénithales, par exemple dans des escaliers.
Nous sommes dans une situation de prises de vues à l'intérieur et des réflecteurs seront parfois indispensables .
Il est difficile de se promener avec des panneaux de polystyrène, dans le cadre d'une prise de vues personnelle, vous devrez utiliser des réflecteurs pliables. Certains peuvent se monter sur pieds mais ce n'est guère pratique. La présence d'un assistant pour tenir le réflecteur est donc très recommandée.

Nous sommes ici dans le cadre d'un stage organisé dans les lieux que nous avions loués en expliquant ce que nous allions y faire. Fini le travail à la sauvette (voir thème suivant,) je peux pleinement utiliser tout le château, prendre mon temps et travailler sans crainte d'être surpris.

La grande salle aux baies vitrées

Comment s'y prendre ?

Quand on arrive dans un endroit impressionnant et assez vaste, il y a fort à penser que l'on va pouvoir y prendre plusieurs images.

Je cherche d'abord une image proposant une vue d'ensemble.

Dans un premier temps je laisse le modèle se reposer ou rectifier son maquillage, mais je lui passe le peignoir et lui demande d'être déshabillée complètement dessous pour éviter les marques de vêtements sur le corps.

Pendant ce temps je cherche les images, l’œil vissé au viseur en zoomant dans les focales grands angles ou après avoir monté une focale grand angle sur mon boitier.

Je me déplace dans le lieu pour trouver la meilleure vue d'ensemble dans laquelle j'intègrerai le modèle.

Quand je l'ai trouvée, je shoote "à blanc" (sans modèle) et vérifie mon histogramme. Le problème va venir dans un lieu comme celui ci dessous des grands écarts de contraste entre l'extérieur baigné de soleil et les basses lumières à l'intérieur.

Je peux opter pour une prise de vue HDR,

Si j'ai un pied stable avec moi et optimalement un cordon de déclenchement.

Si l'endroit est assez propre et confortable (pas trop dur, trop froid...) pour que le M. puisse rester totalement immobile (position allongée confortable ou assise confortable et bien calée.) plusieurs minutes.

Si je veux passer un temps relativement long à créer une seule image.

Si ces conditions sont remplies le HDR est l'idéal et dites vous que si cela ne fonctionne pas bien ultérieurement (bougé du M. lors du processus) vous aurez de toutes façons, la possibilité de choisir parmi les fichiers, celui qui aura la meilleure exposition pour votre rendu final.

Si je ne veux ou peux pas faire de HDR :

si des rayons de soleil pénètrent comme ici à l’intérieur je vais probablement placer le modèle dans un rayon de lumière. C'est là que l’œil va être attiré, donc il faut y placer le modèle qui est l'élément essentiel d'une photo de nu artistique n'est ce pas ? L'erreur dans ce genre d'image serait de photographier un endroit grandiose/intéressant et d'y rajouter un M. qui paraitrait superfétatoire. Au contraire il faut que le modèle soit l'élément clef de l'image.

je vais donc calculer ma lumière en fonction des hautes lumières présentes à l'intérieur. Je vais probablement me retrouver avec des noirs bouchés dans les basses lumières, mais comme ce ne sera pas sur le modèle cela passera probablement.

Je cherche maintenant où placer le modèle (je sais déjà que ce sera là où il y a des rayons de soleil et dans quelle position.

Je fais venir le M. pour des essais.

La grande salle aux baies vitrées

La grande salle aux baies vitrées

PHOTO 3872, ISO 100, 24 mm, f8, 1/100S, full frame, lumière du jour, N4

Paramètres :


Paramètres de prise de vue optimaux, mais une focale de 24 mm qui déforme beaucoup.
N4, niveau de réalisation difficile, pour deux raisons: L'image est très contrastée, je me suis donc calé (voir ci dessus et le livre pour plus de détails), sur les hautes lumières sur la peau du M. qui se trouvent être aussi hautes que les plus hautes dans le ciel à l'extérieur. Tant mieux, j'ai pu ainsi éviter de brûler certaines parties de l'image.

En revanche, en me calant ainsi par sécurité un peu en retrait de la droite de l'histogramme sur les hautes lumières de la peau, je me retrouve avec des basses lumières dans les plafonds. Très peu sont bouchées et à très peu d'endroits, certes mais cependant je reconnais qu'il y aurait eu là matière à travailler sur pied en HDR. Cependant pour mes stagiaires, des Mexicains débutants avides de faire beaucoup d'images, il me fallait faire vite et relativement simple.

Composition :


Mais la plus grande difficulté venait de la composition. Le corps du M. dans un aussi large cadrage est tout petit dans l'image si on ne le place pas en premier plan. J'ai songé à le placer dans la première tache de lumière sur le sol mais elle ne le contenait pas tout entier en position allongée. Or je tenais à cette dernière. Elle donne un côté mystérieux, sacrificiel à la scène, qui permet que la présence du M. dans ce cadre imposant ne paraisse pas superflu. La plus grande difficulté était donc de trouver pour le modèle une position qui satisfasse aux exigences de la composition (de l'équilibre et de la dynamique des lignes) et de l'émotion. Assez évident quand on l'a trouvée...

Développement :

preset sépia dense sur preset HDR look light. Important travail préalable au pinceau sur zones.

 Une variante :

 

Je vous montre une variante pour vous aider à comprendre des différences subtiles dans le choix des paramètres d'exposition :

 

 

objet insolite

objet insolite

PHOTO 4036, ISO 200, 24 mm, f8, 1/100S, full frame, lumière du jour, N4


Le seul paramètre différent entre cette image et la précédente est la sensibilité ISO que j'ai doublée, car la lumière avait un peu baissé. A la réflexion, j'aurais du plutôt utiliser 160 ISO; certaines parties de la peau du M. indiquent plus de 98% de luminosité après développement automatique de Lightroom 4/5 qui applique des corrections; je pense avoir perdu un peu de qualité dans les très hautes lumières sur le torse du M. et une toute petite partie du ciel à travers les feuillages est brûlée. *
N4, également, car je suis allé cherché dans une pièce adjacente l'objet insolite que l'on voit trôner dans la pièce et il a fallu trouver un placement du M. et un angle de prise de vue adéquat.

* Je suis en rapport avec Gilles Théophile, un des meilleurs spécialistes français de Lightroom, concernant une éventuelle difficulté dans Lightroom 4/5 à signaler des zones proches de la limite des hautes lumières comme étant susceptibles de mal restituer les détails quand on les assombrit. Se référer à mon livre pour plus de détails. Mais je ne manquerai pas d'en reparler sur ce blog.

Mais avant cela j'ai pris des photos dans le même endroit mais en cadrant autrement:

Différents cadrages :

PHOTO 3855, ISO 100, 24 mm, f8, 1/100S, full frame, lumière du jour, N3

cadrage différent et modification de la pose du M.

cadrage différent et modification de la pose du M.

Remarquez que je me suis rapproché mais que j'ai gardé la même focale bien qu'elle déforme beaucoup. En général les débutants zooment trop : il faut s'habituer à certaines focales, donc les garder pour plusieurs images successives pour "se faire l’œil". Nous y reviendrons régulièrement.

La pose ne fonctionnait plus avec ce cadrage : j'ai demandé au M.de changer et lui ai suggéré une pose proche de la précédente mais qui ne l'oblige pas à se lever et à essuyer la poussière sur son dos.

Maintenant je vais m'approcher encore et créer un image de près.

Et maintenant un cadrage serré.

Et maintenant un cadrage serré.

ISO 100, 50mm, f71, 1/100S, full frame, lumière du jour, N3

Ici je change la focale, le 24 mm à cette distance aurait trop déformé.

J'ai un petit peu plus ouvert mon diaphragme pour exposer à droite au maximum. Etant de près je fais un réglage de mes paramètres le plus précis possible, ici en modifiant d'un tiers de diaphragme. Pourquoi ? Je me mets toujours dans la perspective de faire un jour un grand tirage d'exposition : je veux la meilleure qualité possible de rendu de ma peau, particulièrement dans les basses lumières où le bruit se manifeste rapidement. En exposant au maximum à droite sans prendre de risque de bruler mes hautes lumières sur la peau du modèle, j'éclaircis ainsi mes basses lumières sur la peau et je gagne doublement. Mon histogramme sur cette peau, disons ici par exemple dans les ombres sous l'intersection du bras et de la cuisse, va se trouver plus à droite que si j'avais shooté à f8 et contiendra plus d'information et de meilleure qualité. De plus si je décide quand même d'éclaircir cette zone au développement j'aurais moins à l'éclaircir car je partirai d'un fichier moins sombre.

Passons à un autre type de problème : les déformations induites par la prise de vue en plongée et en contre plongée.

Déformations :

Plongée

Plongée

L'escalier

Si vous trouvez un bel escalier vous pourrez vous exercer aux délices de la plongée et de la contre plongée; voici un exemple de chaque.

A mon sens la plongée est un peu plus difficile que son contraire.

Pourquoi ?

principalement par ce que l'on se trouve en plongée avec le risque de raccourcir les jambes alors que ce sont les longues jambes qui nous paraissent belles. La contre plongée, elle, allonge les jambes.
Une partie de la lumière arrive du haut presque en puits. C'est une lumière très prisée, pas si fréquente, dont il faut profiter quand elle se présente.

Prise de vue en plongée :

3880, ISO 200, 28 mm, f5,6, 1/100s, full frame, lumière du jour, N5

Pourquoi N5, pour cette image qui semble somme toute assez simple à réaliser? La lumière est toute faite, il suffit de glisser le M. dedans, la position de ce dernier est élémentaire et pourtant j'ai renoncé à la faire faire par mes stagiaires pour passer directement à la suivante. Parce que je ne voulais pas qu'ils aient tous exactement la même image. En effet je me suis aperçu en faisant mes essais que par la position en forte plongée, la direction de la lumière et les éléments participants à la composition, je ne trouvais qu'une seule focale possible, qu'une seule position du M., qu'un angle et qu'une hauteur pour shooter. Peut être auriez eu vous même d'autres idées, mais pour moi cette image s'est imposée dans le viseur, à l'exclusion de toutes les autres et savoir reconnaitre "la" bonne image (suivant mon goût naturellement) est une chose difficile.

Développement :

J'ai utilisé là aussi le preset "sépia dense" qui donne un maximum de détails et j'ai baissé les très hautes lumières notamment pour retrouver du détail dans la peau à la limite de la surexposition.
Avec ce preset il faut aussi penser à baisser le curseur netteté pour éviter les artefacts visibles à 100%.

Contre plongée

Contre plongée

Prise de vue en contre plongée :

3899, ISO 250, 24 mm, f5,6, 1/80s, full frame, lumière du jour, N4, preset sépia dense et masque sur les hautes lumières des fenêtres

Bien qu'apparaissant plus complexe que la précédente, de par la diversité des éléments entourant le M. et par la position relativement travaillée que je lui ai fait prendre, il m'est apparu plus aisé de trouver différents angles possibles de prises de vues, plusieurs focales aussi, d'où un classement N4 "seulement".

Attention en cas de forte plongée et de forte contre plongée n'utilisez jamais le collimateur central de votre APS ou de votre plein format pour faire le point sur les cils du modèle en recadrant ensuite en maintenant le bouton du déclencheur à demi appuyé. C'est le flou assuré; utilisez le collimateur le plus proche des cils.

Notez que ce problème a été résolu sur certains boitiers grand format (à ne pas confondre avec plein format) du type Hasseblad, qui compense les problèmes de profondeur de champ et vous permettent de vous servir du collimateur central et de recadrer.

Sortons du château maintenant :

Extérieur/intérieur

Extérieur/intérieur

La prise de vues à partir de l'extérieur du bâtiment d'un modèle situé à l'intérieur du bâtiment.


3993, ISO 160, 55 mm, f8, 1/100s, full frame, lumière du jour, N4, preset n&b rocky racoon, virage modifié comme toujours avec ce preset.

Plongée encore pour cette image que je trouve assez originale. Les hautes lumières sont en lumière naturelle du jour à l'intérieur, alors que les basses lumières sont à l'extérieur. Cela crée un effet de mystère et de "voyeurisme". Au delà du choix des paramètres finalement assez simples à maitriser, la difficulté vient là encore " d'avoir l'idée" de faire telle ou telle image. Il est évident que le modèle n'était pas au rez de chaussée assis nu sur le sol quand moi même me promenait au premier étage. Il a fallu pendant les repérages "imaginer" la photo. Ensuite c'est encore une fois une affaire de composition.

Revenons à l'intérieur mais pour shooter cette fois des éléments situés également à l'extérieur.

Thème intérieur & extérieur

Thème intérieur & extérieur

4018, ISO 100, 60 mm, f8, 1/160s, full frame, lumière du jour, N3.

La prise de vues à partir de l'intérieur du bâtiment d'un modèle situé à l'extérieur du bâtiment.


Je n'ai pas traité ce cas de figure précis vu le peu d'intérêt du jardin. Je vous montre une image prise de l'intérieur du château qui en montre l'extérieur, même si le M. placé contre la baie est encore à l'intérieur.
Nous avons maintenant une lumière dure frappant directement le M. et un décor au delà de la baie vitrée.
Je me cale sur les hautes lumières sur le dos du M. mais pas trop à droite de l'histogramme pour garder un peu de matière sur la peau et dans le ciel. Ensuite je cadre en prenant garde à mes verticales et à ce que les structures métalliques de la baie ne traversent pas le visage du M. d'une manière disgracieuse.

Maintenant, modèle et arrière plan en extérieur.

Image classique en extérieur

Image classique en extérieur

La prise de vues à l'extérieur des bâtiments.

Je vous livre ici une image de type très "commercial".
PHOTO 4067, ISO 100, 35mm, f8, 1/200s, full frame, lumière du jour, N2

L'histogramme n'a pas été placé très à droite. J'ai préféré privilégier les paramètres optimaux* et une vitesse sécurisée vue la position un peu instable du M. 160 ISO aurait cependant été préférable, de manière à déboucher un peu les noirs. Remarquez que le corps du modèle a été huilé, ce qui est un classique de ce type d'image qui fait un peu "calendrier". Seule la focale de 35mm déroge avec les classiques de la photo "de charme" qui préfère généralement un petit telé-objectif. J'aurais du cadrer un peu plus large pour me donner de la marge pour pouvoir re-cadrer au développement en redressant les verticales. La postproduction s'est faite en un clic avec l'application du paramètre prédéfini HDR Look Médium.

*Les paramètres optimaux :

(Pour ceux qui n'ont pas mon livre dans lequel ce sujet est amplement développé ). J'appelle "paramètres optimaux" les paramètres de prise de vue idéaux pour avoir un fichier (une image numérique) de la meilleure qualité possible.

Pour cela il faut :

Shooter avec la sensibilité la plus basse que délivre le capteur (hors 50 ISO sauf sur les boitiers grand format de type Hasselblad) soit 100 ou 200 ISO suivant les boitiers, afin d'obtenir un fichier le moins bruité possible.

Fermer le diaphragme à f8 pour obtenir la meilleure résolution de votre optique. Ceci n'est pas un chiffre absolu mais une généralité. Vous pouvez consulter sur un site comme DXO les courbes indiquant les capacités de vos optiques et zooms aux différents diaphragme.

Utiliser une vitesse suffisante pour éviter à la fois les flous de bougé du boitier et du sujet représenté.

:

À propos

Apprendre à photographier le nu et dialoguer avec l'auteur de "Les secrets de la photo de nu" aux éditions Eyrolles.